IMPASSE SUR LE NUCLEAIRE IRANIEN A ISTANBUL

Les négociations sur le nucléaire iranien qui se tenaient depuis vendredi à Istanbul entre Téhéran et le groupe P5+1 se sont achevées ce matin sur un statu quo: aucune avancée sur le dossier et pas de nouvelle rencontre prévue. La Turquie, qui espérait jouer les intermédiaires, n’a pas participé aux débats.

La haute representante de la politique extérieure de l'UE, Catherine Ashton, et le négociateur en chef iranien Saleed Jalili

Réunis depuis vendredi au palais Ciragan à Istanbul, L’Iran et le groupe  P5+1 se sont séparés ce matin sans avoir trouvé d’accord, ni même fixé de date pour de futures négociations.
A la sortie, les leaders des deux délégation, la haute représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le négociateur iranien Saeed Jalili, ont tenu deux conférences de presse séparées.

Le groupe P5+1, qui réunit les 5 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine) plus l’Allemagne, conditionnait l’avancée des négociations au gel préalable de l’activité d’enrichissement d’uranium de la part de l’Iran, qui avait annoncé en ouverture du sommet par la voix de son délégué Massoud Zohrevand qu’il ne participerait à « aucune négociation liée au gel ou à la suspension de l’activité d’enrichissement » .
Un dialogue de sourds, donc. « Ils ne se sont même pas serrés la main », à en croire un observateur turc, présent lors hier matin lors d’une rencontre préliminaire.

Après deux jours de médiation infructueuse au Liban, c’est un demi-échec pour le ministre des Affaires Etrangères Ahmet Davutoglu, qui avait organisé cette rencontre et officiellement proposé l’aide turque en cas de cas de blocage. Ses diplomates sont restés 14 h durant non loin de la salle où se tenaient les négociations, prêts à jouer les entremetteurs, en vain.

« Nous ne demanderons pas l’aide des turcs car c’est au groupe P5+1 que le Conseil de Sécurité a demandé de négocier avec l’Iran » a déclaré sous couvert d’anonymat un diplomate français au journal Hürriyet.

«  La Turquie a été d’une grande aide » a affirmé  pour sa part le sous-secrétaire d’Etat Bill Burns, représentant les Etats-Unis à la négociation, qui a félicité M. Davutoglu pour avoir « encourager l’Iran a coopérer, à s’engager avec le P5+1 et l’AIEA [l’Agence Internationale à l’Energie Atomique]. C’est exactement le message que l’Iran doit continuer à entendre de la Turquie » .

La Turquie s’est investie ces dernières années pour faire sortir le dossier du nucléaire iranien de l’impasse en proposant sa médiation.
Le 17 mai 2010, à la veille d’une réunion du Conseil de Sécurité sur la question des sanctions, Ankara annonçait un accord conclu avec Téhéran et Brasilia pour échanger l’uranium iranien faiblement enrichi (20%) contre du combustible pour ses réacteurs nucléaires.

l’Iran, qui défend son droit au nucléaire civil, possédait  au moins 22 kilos d’uranium hautement enrichi (85%) en septembre dernier selon l’AIEA.
En novembre, le pays avait cependant reconnu devoir suspendre ses activités d’enrichissement suite à l’attaque du virus informatique Stunex contre ses centrifugeuses. Accusant « le Mossad et la CIA« , le régime iranien a également perdu depuis janvier plusieurs responsables de son  programme nucléaire dans une série attentats à la voiture piégée .

A en croire l’ancien directeur du Mossad, Meir Dagan, l’Iran ne serait pas être en mesure de posséder l’arme atomique avant 2015.

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