DIDIER BILLION: « L’INTERET STRATEGIQUE DE LA TURQUIE EST DE NE COUPER LES PONTS AVEC PERSONNE »

Didier Billion fait le point pour nous sur la position de la Turquie face au « printemps arabe » qui secoue ses voisins.

Ancien directeur-adjoint de l’Institut de Recherche Internationale et Stratégique (IRIS), Didier Billion en est aujourd’hui directeur des publications et rédacteur en chef de La Revue internationale et stratégique. Spécialiste de la Turquie et du monde turcophone, il est notamment l’auteur de « L’enjeu turc » (Armand Colin 2007).


Quel est la position du gouvernement turc vis-à-vis de la contestation en Syrie, un régime dont elle s’était beaucoup rapprochée ces dernières années ?

Didier Billion

La Turquie et la Syrie ont connu au cours des années 90 une période d’extrême tension principalement due au soutien apporté par le pouvoir syrien au leader kurde Abdullah Öcalan [ndlr : chef du PKK, aujourd’hui en prison] qui avait tout de même été hébergé pendant plusieurs années dans la banlieue de Damas. Son  expulsion à l’automne 98 après une montée des tensions à la frontière a néanmoins ouvert un processus de rapprochement entre les deux pays. Ce mouvement s’est accéléré avec l’arrivée au pouvoir de l’AKP, ce qui s’est traduit par une série de visites réciproques de très haut niveau entre les dirigeants turcs et syriens et la conclusion de nombreux accords économiques.

Cette relation de bon voisinage complique aujourd’hui la situation pour Ankara : les Turcs ne peuvent pas ne pas soutenir les revendications démocratiques des manifestants mais ne souhaitent pas pour autant voir leur voisin être ainsi déstabilisé. Cela explique sans doute pourquoi les prises de position de la Turquie à l’égard des manifestants comme du pouvoir syrien tiennent pour l’instant des conseils ou des demandes : il leur faut critiquer mais pas trop durement.

La Turquie a-t-elle des raisons de craindre pour la stabilité du Kurdistan ?

Un écroulement du régime créerait certainement un vide, un appel d’air dans lequel pourraient s’engouffrer les nationalistes kurdes, un peu comme en Irak en 2003 après l’écroulement du régime de Saddam Hussein. Il y a eu de violentes manifestation kurde en 2004, qui ont été très durement réprimées. Pour l’instant ils ne se sont pas  distingués  dans le mouvement de contestation, qui reste concentré dans le sud et l’est du pays.

Ankara a violemment protesté contre l’intervention de la coalition en Libye avant de finalement participer aux opérations de blocus maritime.  Pourquoi une telle posture ? Les deux pays  n’était pourtant pas très proches ….

De la même manière que pour la Syrie, l’AKP avait quelque peu normalisé les relations avec la Libye ces derniers temps, cela effectivement après une période de froid durant les années 90. En 1996 par exemple, lors d’une visite du président Necmettin Erbakan à Tripoli, Mouammar Kadhafi s’était fendu d’une diatribe contre la laïcité mais avait aussi soutenu les actions du PKK, ce qui n’est pas toujours du meilleur effet dans une réception avec un dirigeant turc (rires).

 Ankara a d’ailleurs dû  rapatrier d’urgence quelques 25 000 expatriés turcs de Libye après le début des bombardements, preuve que leurs relations –économiques du moins- s’étaient largement améliorées. Ce n’est pourtant pas là qu’il faut chercher les raisons de cette opposition, qui était largement destinée à un monde arabe au sein duquel elle veut se faire accepter comme une puissance médiatrice, ce qui est inconciliable avec l’image d’un pays pieds et poings liés aux décisions de l’OTAN -bien qu’elle en fasse partie depuis 1952.

C’est pourquoi les Turcs ont été un peu gênés dans un premier temps.  Ils ne pouvaient acquiescer sans rien dire au risque de se «griller» auprès de leurs voisins, mais ne pouvaient pas non plus se désolidariser complètement des décisions du Conseil de Sécurité. L’intérêt stratégique de la Turquie est de ne couper les ponts avec personne, c’est toute la subtilité de la politique extérieure turque.

Quel rôle la Turquie peut-elle jouer d’une manière générale dans ce printemps arabe ? Un sondage montrait il y a peu qu’elle était majoritairement considérée comme un modèle au Moyen-Orient mais ce « modèle » est-il exportable ?

La Turquie peut à l’évidence servir d’exemple pour les nouvelles élites qui émergent dans ces pays mais je ne crois pas qu’on puisse réellement  parler de « modèle » au sens littéral du terme parce que l’histoire de la Turquie est unique en son genre et sa longue expérience de l’état de droit et du multipartisme lui est particulière. Ce «modèle» n’est donc pas transposable tel quel chez ses voisins qui auraient  pourtant tout intérêt à s’en inspirer, sur le plan politique comme sur le plan économique.

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LA TURQUIE « INQUIETE » DE LA SITUATION EN SYRIE

Alors que l’armée syrienne est entrée hier dans la ville de Deraa, le gouvernement turc a réitéré ses appels au calme et aux réformes.

Des membres d’une organisation humanitaire islamiste manifestant lundi devant l’ambassade de Syrie à Ankara

La Turquie se déclare « profondément préoccupée » par la situation en Syrie et « appelle à la fin des violences » ainsi qu’à « la mise en œuvre de réformes » après l’intervention ce week-end des chars de l’armée nationale contre la ville de Deraa, principal foyer de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad.

L’assaut s’est soldé par la mort d’une trentaine de personnes, à en croire les militants des droits de l’homme présent sur place,  ce qui porte à plus de 350 le nombre des victimes civiles depuis la semaine dernière.

Cette intervention fait suite à un entretien téléphonique entre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain Barak Obama sur les situations en Lybie et en Syrie. La Maison Blanche a par la suite exprimé ses « profondes préoccupations » concernant « l’utilisation inacceptable de la violence par le gouvernement syrien ».

Le gouvernement turc a rappelé de plus aujourd’hui à Ankara son ambassadeur à Damas, Ömür Önhon, qui a pu s’entretenir hier avec le nouveau premier ministre syrien, M. Adel Safar.

Il devrait intervenir demain  à Ankara lors d’une réunion exceptionnelle du Conseil de Sécurité Nationale -réunissant les chefs des armées et de l’exécutif turc- pour décider de la réponse militaire à apporter à la situation.

La Turquie, qui partage 880 kilomètres de frontières avec la Syrie, craint un afflux massif de réfugiés sur son sol si tout autant qu’un embrasement du Kurdistan si l’état central syrien ne s’écroule.

Après des décennies de tensions autour de la question kurde, la Turquie s’était rapproché  ces dernières années du régime baasiste, notamment après l’expulsion du leader kurde Abdullah Öcalan en 1998. Ankara et Damas avait supprimé le système de visas entre les deux pays l’an dernier afin de développer leur relations commerciales.

Le + du Grand Turc : malgré le « Printemps de Damas » en 2000 et les espoirs d’ouverture, la Syrie reste au niveau mondial la 5ème puissance militaire par habitant, avec près de 500 000 soldats pour 22 millions de syriens. Pour comparaison, l’armée française compte environ 300 000 hommes pour une population trois fois supérieure.

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ANKARA REGRETTE LE « RÔLE MAJEUR » DE LA FRANCE EN LIBYE

La Turquie regrette que la France ait pris le leadership des opérations en Libye, auxquelles elle ne participera pas.

Vecdi Gönül, le ministre de la Défense turc

La Turquie a exprimé lundi sa surprise face au rôle de premier plan joué par la France dans l’intervention militaire internationale en Libye.

« Il nous est impossible de comprendre le rôle majeur de la France dans ce processus« , a lancé le ministre de la Défense, Vecdi Gönül. « Nous comprenons mal qu’elle soit l’exécutant des décisions des Nations Unies. Mais par la suite, nous avons cru comprendre que c’étaient les Etats-Unis qui étaient aux commandes« , a-t-il ajouté.

La France est le premier pays de la coalition à avoir dès samedi soir ouvert le feu sur le territoire libyen. Un mois après la -courte- visite de Nicolas Sarkozy à Istanbul, les relations entre l’Hexagone et la Sublime Porte ne semble donc pas s’améliorer.

Cette déclaration intervient le lendemain d’une passe d’armes entre les deux pays autour du rôle que doit jouer l’Otan dans cette situation.
Le Quai d’Orsay plaide pour ne pas l’impliquer afin de ne pas envenimer la situation alors qu’Ankara, soutenu en cela par Berlin, oppose son véto à toute action militaire et propose une intervention purement humanitaire, à laquelle s’oppose Paris.

Les représentants permanents turcs et français à l’OTAN, Haydar Berk et Philippe Errera, se seraient d’ailleurs violemment disputés au cours de la réunion de dimanche. La délégation turque reproche notamment aux français de l’avoir tenu à l’écart d’une réunion portant sur les détails de l’opération« Aube d’une Odyssée », à laquelle la Turquie ne participera pas. 

En effet, après s’être farouchement opposé à toute intervention militaire, Ankara a finalement promis d’apporter la « contribution nécessaire et appropriée » pour résoudre la crise libyenne mais se refuse à participer directement aux affrontements : « Nous ne participerons pas avec nos forces de combats. Il est impensable que nos chasseurs larguent des bombes sur le peuple libyen « , a déclaré le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à des journalistes dans l’avion qui le ramenait lundi d’une visite en Arabie Saoudite.
« Nous voulons que cette intervention militaire prenne fin le plus tôt possible. Dans le passé, des opérations de ce genre ont tourné à l’occupation et occasionné davantage de pertes civiles
« , a-t-il ajouté, en allusion à l’Irak.

La participation de la Turquie à l’opération devrait se limiter aux efforts de « contrôle » maritime en Méditerranée et d’assistance humanitaire sur le terrain.

Le + du Grand Turc : Le 1er décembre 2010, Recep Tayyip Erdogan s’est vu remettre à Tripoli le « Prix international Kadhafi pour les Droits de l’Homme » (!) qui récompense chaque année les hommes politiques ayant « contribué à rendre un service exceptionnel à l’être humain » comme Fidel Castro (1998) ou Hugo Chavez (2004).

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LA TURQUIE, UN MODELE POUR LA REVOLUTION ARABE ?

Alors que le premier turc a appelé mardi au départ d’Hosni Moubarak, un sondage affirme que 66% des habitants du Moyen-Orient voient la Turquie comme un « modèle ».

C’est en visite au Kirghizstan mardi dernier que Recep Tayyip Erdogan a officiellement appelé au départ  d’Hosni Moubarak, le président égyptien qui avait annoncé la veille ne pas vouloir se représenter aux élections de septembre. « Il ne doit pas seulement calmer la répression à l’égard des manifestants, il doit écouter leur appel et se retirer avant qu’il ne soit trop tard » a déclaré le Premier ministre turc aux journalistes de la chaine NTV.
Tout en vantant les mérites de l’expérience politique turque, il a appelé de ses vœux un changement démocratique au Moyen-Orient afin d’assurer « un avenir plus libre, juste et prospère » pour les peuples de la région.
« On ne doit jamais avoir peur d’élections libres, justes et démocratiques et de la volonté du peuple « a-t-il ajouté, avant d’assurer que « la Turquie soutiendra la Tunisie et le peuple tunisien pendant ce processus critique ».

Erdogan est pour l’instant le seul dirigeant du Moyen-orient à avoir explicitement appelé au départ d’Hosni Moubarak.

Le président turc Abdullah Gül, a insisté sur le fait qu’il était « fier » des avancées réalisées par la Turquie et « heureux » que des « frères » s’en inspirent mais refuse de parler de « modèle  turc» : « Nous sommes conscient de nos limites et nous avons essayé de mener à bien des réformes de notre propre initiative […] mais se présenter comme un modèle serait trop ambitieux ».

Le mois dernier, Rached Ghannouchi, chef du principal parti islamiste tunisien Ennahda, de retour de son exil londonien, avait comparé son mouvement à l’AKP, comme  de nombreux membres des Frères Musulmans égyptiens.

Modèle économique

Selon un sondage paru jeudi,  66 % de ses voisins arabes voient dans la Turquie « un modèle de développement pour les pays du MO » et une « une synthèse réussie d’islam et de démocratie ».
Réalisée l’été dernier  sur 2300 personnes dans 7 pays par la Fondation Turque d’Etudes Economiques et Sociales (TESEV), l’étude montre cependant que la démocratie n’apparait qu’en troisième position des raisons ayant motivé les sondés, après la religion et l’économie.

« la Turquie fait envie au monde arabe » estime quand à lui Hugh Pope, directeur de projet au bureau turc de l’International Crisis Group, « elle est devenu une démocratie solide, dirigée par un leader authentiquement élu, en phase avec l’état d’esprit de la rue, dont l’économie vaut a peu près la moitié de celle de l’ensemble du monde arabe et dont les productions, notamment télévisuelles, sont populaires d’Afghanistan au Maroc. »

Depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP en 2002, la Turquie a resserré ses liens avec ses voisins arabes, ce que certains décrivent comme une politique « néo-ottomane ».
Le pays s’est notamment forgé une image de leader régional auprès de l’opinion publique avec l’incident du Mavi Marmara en mai dernier et ses démêlés diplomatiques avec l’état hébreu.


Le + du Grand Turc : Pour l’instant, Ankara s’inquiète surtout de la flambée du prix du pétrole (7% du pétrole mondial transite chaque jour par le canal de Suez) et la possible fuite des investissements étrangers dont elle a besoin pour financer le déficit grandissant de sa balance commerciale.
Recep Tayyip Erdogan devait se rendre au Caire les 8 et 9 février dernier pour signer une série d’accords bilatéraux stimulant les relations commerciales avec l’Egypte (4 milliards de dollars en 2010). Son voyage a du être reporté.

Le + du Grand Turc : Deux semaines après leur médiation commune au Liban, le ministre des Affaires Etrangères turc, Ahmet Davutoglu, a rencontré à Doha jeudi 3 février le Premier ministre du Qatar, le cheik Hamad bin Jassim bin Jaber Al Thani, pour discuter de la situation égyptienne. Ankara s’est rapproché du Qatar ces dernières années, notamment pour désenclaver la Syrie de l’emprise iranienne.

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SELON WIKILEAKS, ERDOGAN NE « CONTRÔLE PAS LES MILITAIRES »

Le premier Ministre Recep Tayyip Erdogan aurait admis en 2004 être incapable d’interdire les survols du territoire grec de la mer Egée par l’armée de l’air turque.

Des f-16 de l'armée de l'air turque au dessus de la mer Egee

A en croire un câble diplomatique, récemment révélée par le site Wikileaks, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan aurait confié en 2004 au ministre des Affaires Etrangères néerlandais de l’époque, Bernard Bot, qu’ « il ne pouvait ordonner l’arrêt des vols au dessus de la mer Egée car il ne contrôlait pas les militaires »

La note, en date du 2 décembre, se faisait l’écho d’une rencontre entre Bot et l’ambassadeur américain à Ankara  quelques jours avant une importante réunion des dirigeants européens sur la question de l’entrée de la Turquie dans l’UE, alors que l’aviation turque multipliait ses incursions dans l’espace aérien grec, ce qui faisait craindre un blocage des négociations par Athènes.

Selon le document, Bot aurait demandé l’arrêt temporaire des survols au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui lui aurait alors admis son manque de prise sur la hiérarchie militaire.

Bot aurait alors demandé aux Etats-Unis de faire pression directement sur les généraux turcs.

L’armée a toujours été très indépendante du pouvoir politique turc, qu’elle a renversé 4 fois depuis 1960. Ses relations avec AKP, au pouvoir depuis 2002, sont extrêmement tendues sur la question très sensible de la laïcité comme sur les dossiers grecs et chypriotes, où elle se refuse à tout compromis.

Malgrès les récents rapprochements diplomatiques, la Grèce et la Turquie entretiennent toujours de nombreux contentieux territoriaux en mer Égée.

Le dernier survol en date est survenu le 7 janvier dernier, deux jours avant  une visite en Turquie du Premier ministre grec, M. Georges Papandreou.

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MAVI MARMARA : LES « RAPPORTS » CONFLICTUELS D’ANKARA ET TEL-AVIV

La Turquie conteste les conclusions de la commission israélienne sur l’incident du Mavi Marmara. Dans son propre rapport, Ankara accuse notamment l’état hébreu d’avoir ouvert le feu avant l’arrivée des commandos sur le navire.

Le Mavi Marmara dans le port d’Istanbul

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a rejeté en bloc hier les conclusions du rapport de la commission d’enquête israélienne sur l’incident du Mavi Marmara. « Ce rapport n’a aucune crédibilité », a-t-il affirmé à des journalistes de l’agence de presse Anatolie, « Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays ? ».

Le rapport de la commission israélienne, dirigée par l’ancien président de la Cour Suprême Jacob Turkel, blanchit totalement la hiérarchie militaire de l’état hébreu et juge « l’interception et la capture de la flottille pour gaza dans les eaux internationales […] conformes au droit international coutumier », les commandos ayant ouvert le feu « en état de légitime défense » après avoir été agressés à l’arme blanche une fois sur le bateau.
« Dans l’ensemble», précise-t-il, « le personnel militaire israélien a agi de façon professionnelle face à une violence imprévue » de la part d’activistes qui « ont perdu la protection que leur confère le statut de civil en participant directement aux hostilités ».

La commission d’enquête turque, qui avait déjà remis un premier rapport en septembre dernier, s’est déclarée « stupéfaite et consternée » par les conclusions israéliennes.
Dans un nouveau rapport rendu public ce matin, elle reproche à l’état hébreu d’avoir eu recours la force de manière « excessive et disproportionnée […] en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales » contre « des passagers qui n’ont fait qu’exercer leur droit légitime à l’auto-défense » .
Le rapport accuse notamment les soldats israéliens d’avoir tiré depuis les hélicoptères, faisant deux morts  avant l’arrivée même des commandos sur le bateau.

Les deux rapports devraient être transmis au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, qui a constitué sous la direction de l’ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer une commission de quatre membres, dont un turc et un israélien, chargés d’enquêter sur l’affaire.

La commission a jusqu’au mois d’avril pour les examiner, avant que l’ONU ne rende son avis sur la question.

En Septembre, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait qualifié le raid de « violation grave du droit humanitaire et du droit international »

Le Mavi Marmara et 5 autres navires affrétés par l’ONG turque IHH Insani Yardim Vakfit avait été pris d’assaut et arraisonnés par l’armée israélienne en mai dernier alors qu’ils tentaient de briser le blocus de Gaza.
8 citoyens turcs (et un américain d’origine turque) ont trouvé la mort dans les combats, ce qui a depuis largement contribué à la détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays.

la Turquie, qui avait rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv, demande toujours des excuses au gouvernement israélien ainsi qu’une compensation financière pour les familles des victimes.

 

 

 

 

 

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IMPASSE SUR LE NUCLEAIRE IRANIEN A ISTANBUL

Les négociations sur le nucléaire iranien qui se tenaient depuis vendredi à Istanbul entre Téhéran et le groupe P5+1 se sont achevées ce matin sur un statu quo: aucune avancée sur le dossier et pas de nouvelle rencontre prévue. La Turquie, qui espérait jouer les intermédiaires, n’a pas participé aux débats.

La haute representante de la politique extérieure de l'UE, Catherine Ashton, et le négociateur en chef iranien Saleed Jalili

Réunis depuis vendredi au palais Ciragan à Istanbul, L’Iran et le groupe  P5+1 se sont séparés ce matin sans avoir trouvé d’accord, ni même fixé de date pour de futures négociations.
A la sortie, les leaders des deux délégation, la haute représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le négociateur iranien Saeed Jalili, ont tenu deux conférences de presse séparées.

Le groupe P5+1, qui réunit les 5 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine) plus l’Allemagne, conditionnait l’avancée des négociations au gel préalable de l’activité d’enrichissement d’uranium de la part de l’Iran, qui avait annoncé en ouverture du sommet par la voix de son délégué Massoud Zohrevand qu’il ne participerait à « aucune négociation liée au gel ou à la suspension de l’activité d’enrichissement » .
Un dialogue de sourds, donc. « Ils ne se sont même pas serrés la main », à en croire un observateur turc, présent lors hier matin lors d’une rencontre préliminaire.

Après deux jours de médiation infructueuse au Liban, c’est un demi-échec pour le ministre des Affaires Etrangères Ahmet Davutoglu, qui avait organisé cette rencontre et officiellement proposé l’aide turque en cas de cas de blocage. Ses diplomates sont restés 14 h durant non loin de la salle où se tenaient les négociations, prêts à jouer les entremetteurs, en vain.

« Nous ne demanderons pas l’aide des turcs car c’est au groupe P5+1 que le Conseil de Sécurité a demandé de négocier avec l’Iran » a déclaré sous couvert d’anonymat un diplomate français au journal Hürriyet.

«  La Turquie a été d’une grande aide » a affirmé  pour sa part le sous-secrétaire d’Etat Bill Burns, représentant les Etats-Unis à la négociation, qui a félicité M. Davutoglu pour avoir « encourager l’Iran a coopérer, à s’engager avec le P5+1 et l’AIEA [l’Agence Internationale à l’Energie Atomique]. C’est exactement le message que l’Iran doit continuer à entendre de la Turquie » .

La Turquie s’est investie ces dernières années pour faire sortir le dossier du nucléaire iranien de l’impasse en proposant sa médiation.
Le 17 mai 2010, à la veille d’une réunion du Conseil de Sécurité sur la question des sanctions, Ankara annonçait un accord conclu avec Téhéran et Brasilia pour échanger l’uranium iranien faiblement enrichi (20%) contre du combustible pour ses réacteurs nucléaires.

l’Iran, qui défend son droit au nucléaire civil, possédait  au moins 22 kilos d’uranium hautement enrichi (85%) en septembre dernier selon l’AIEA.
En novembre, le pays avait cependant reconnu devoir suspendre ses activités d’enrichissement suite à l’attaque du virus informatique Stunex contre ses centrifugeuses. Accusant « le Mossad et la CIA« , le régime iranien a également perdu depuis janvier plusieurs responsables de son  programme nucléaire dans une série attentats à la voiture piégée .

A en croire l’ancien directeur du Mossad, Meir Dagan, l’Iran ne serait pas être en mesure de posséder l’arme atomique avant 2015.

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