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LA TURQUIE ALOURDIT SES SANCTIONS CONTRE LA SYRIE

La guerre économique contre Damas franchit une étape avec l’augmentation des tarifs douaniers.

Le poste frontière de Nusaybin entre la Turquie et la Syrie, fermé pour cause de "maintenance"

Le ministre turc du Commerce et des Douanes, M. Hayati Yazici, a annoncé mercredi  7 décembre l’établissement de nouvelles sanctions contre le régime de Bachar el-Assad, parmi lesquelles la levée d’une taxe de 30% sur les marchandises venant de Syrie.

Ces décisions viennent compléter l’éventail de sanctions imposées à Damas par le gouvernement turc le 30 novembre dernier, parmi lesquels une interruption des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et la Banque Centrale syrienne, ainsi qu’un gel des avoirs du régime al-Assad en Turquie.

Damas avait répliqué en suspendant un accord de libre-échange passé en 2004 après de longues négociations avec Ankara. La Syrie avait aussi augmenté ses tarifs douaniers avec la Turquie et ses prix pétroliers, et mis des entraves au transport routier entre les deux pays.

Mercredi le ministre de l’Economie turc, M. Zafer Caglayan, annoncait à cet égard que la Turquie commencerait dès cette semaine à exporter sa production vers l’Egypte à travers l’Irak et la Jordanie, pour contourner les routes commerciales syrienne utilisées jusque là.

Accrochage

Accusé d’accueillir à Istanbul le Conseil National Syrien, principal groupe d’opposants au régime, la Turquie est également soupçonnée d’abriter près de la ville d’Antakya, non loin de la frontière, des camps de l’Armée Syrienne Libre, formée de déserteurs de l’armé régulière du régime.

Damas s’insurge régulièrement contre l’entrée de ces « groupes terroristes armés » sur son territoire. Après un accrochage mardi soir au cours duquel des gardes frontières syrien ont mis en fuite un groupe d’une quarantaine d’individus, la Turquie s’en est défendue hier sans désigné ouvertement son voisin, en affirmant qu’elle n’ « autorisait pas des groupes armés a lancer des attaques contre d’autres pays » .

Une déclaration salué par le gouvernement syrien, qui a toutefois décider de fermé jusqu’à nouvel ordre le poste-frontière de Nusaybin, le long de la frontière avec la Turquie,  pour cause de « maintenance« .

Hier matin un attentat à la bombe a par ailleurs gravement endommagé l’oléoduc principal reliant les champs de pétrole à l’est du pays à la ville de Homs.

Ankara et Washington « perdent patience »

Ces événements surviennent alors qu’Istanbul a accueilli samedi dernier le vice-président américain Joe Biden, en visite dans la région pour officialiser le départ des troupes américaines d’Irak.
Il a rencontré en début de semaine à Bagdad le Premier ministre Nouri al-Maliki, souvent accusé de collusion avec l’Iran. Le gouvernement irakien, qui n’a pas voté les sanctions de la Ligue Arabe contre la Syrie, craint qu’une chute du pouvoir chiite à Damas n’offre une base arrière aux groupes sécessionnistes sunnites de la province occidentale d’al-Anbar.

Lors d’une conférence de presse avec le président turc, M Abdullah Gül, M. Biden a affirmé que l' »influence iranienne diminue dans la région » et souligné sa « conviction, que partagent les Turcs, qu’Assad et son régime sont actuellement la source d’instabilité en Syrie et posent le plus grand risque d’attiser les conflits confessionnels, pas seulement en Syrie mais au-delà » .

Il a ajouté que les Etats Unis et la Turquie « perdent patience et demande au président Assad de se retirer » .

A noter pour conclure,  M. Ahmet Davutoglü, l’omniprésent ministre des Affaires Etrangères turc, assistera au sommet OTAN/Russie ce jeudi à Bruxelles. Crise syrienne et radar turc seront à n’en pas douter au cœur des discussions.

Le + du Grand Turc : Alors qu’Ankara alourdissait sa pression sur l’économie syrienne, Bachar al-Assad donnait mercredi à la chaine américaine ABC une interview surréaliste où le dictateur récusait toute responsabilité dans la répression. « Ce reproche n’est pas crédible […] Je ne suis pas roi« ,  a-t-il déclaré avec le plus grand sérieux, « ce n’est pas mon armée personnelle » .

Après avoir soutenu que la plupart des 4500 morts étaient en réalité des « supporters » du régime, tués par la résistance, il a conclu en soulignant qu’il faudrait être « fou » pour donner de tels ordres.

Pour une fois il ne croit peut-être pas si bien dire.

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SYRIE: ANKARA MET SES MENACES A ÉXÉCUTION

Ankara emboite le pas de la Ligue Arabe en annonçant ce matin une série de sanctions économiques contre le régime syrien.
En réaction, la Russie envoie sa flotte en méditerranée.

Le ministre des Affaires Étrangères turc Ahmet Davutoglü considère que le régime syrien est « dans l’impasse »

Après de nombreux ultimatums et autant d’appels au calme, la Turquie a finalement mis ses menaces à exécution.

Huit mois après le début de la répression en Syrie, le ministre des Affaires Etrangères turc M.Ahmet Davutoglü a annoncé ce matin une série de sanctions économiques contre Damas assortie d’un embargo sur les armes.
En plus du gel des transactions commerciales et des transactions financières entre les banques centrales des deux pays, la Turquie stoppe toute coopération stratégique avec son voisin.
M Davutoglü a toutefois officiellement rejeté l’idée de couper les livraisons d’eau ou d’électricité, comme l’avait pourtant évoqué la semaine dernière le ministre de l’Energie Taner Yildiz.

Ces sanctions sont l’aboutissement d’un effort diplomatique coordonné avec la Ligue Arabe pour faire plier le régime el-Assad.
Réunis au Caire dimanche dernier en présence de M. Davutoglü, les ministres des Affaires Etrangères de l’organisation ont pris une série mesures de similaires, ainsi que le gel des avoirs syriens et l’arrêt des liaisons aériennes avec Damas.

La Syrie a été suspendu de la Ligue Arabe le 12 novembre dernier alors que l’ONU estime à plus de 4000 le nombre de civils tués depuis le début des troubles en mars, dont au moins 200 mineurs torturés à mort.

« GUERRE ÉCONOMIQUE » 

Avec ce train de sanction, le régime de Damas se trouve dans une situation précaire, qualifié par son ministre des Affaires Etrangères, Walid Al-Moallem, de véritable « guerre économique ». La Syrie, qui dispose de peu de matières premières,  réalise la majorité de ses exportations avec ses voisins arabes et turcs.

De son côté, la Turquie perd là un partenaire économique qui gagnait en importance ces dernières années.
Très dépendante de son commerce extérieur, la Turquie a besoin des routes syriennes pour exporter ses produits vers le reste du Machrek. Après avoir aboli l’obligation de visa en 2009, le volume des échanges entre les deux pays avait atteint 2.5 milliards de dollars l’an dernier.

Interrogé sur la question, le ministre turc des Transports, Binali Yildrim, a annoncé mardi qu’Ankara prévoyait l’ouverture de nouveaux postes frontières avec l’Irak, qui est appelé selon lui à devenir « la nouvelle route commerciale » de la Turquie.

LA RUSSIE HAUSSE LE TON

L'Amiral Kouznetov, le seul porte-avions russe, en route pour les côtes syriennes. Moscou assure que ces manoeuvres étaient prévues de longue date.

Autre source d’inquiétude à Ankara, les tensions grandissantes avec Moscou qui est aussi son premier partenaire énergétique.

Après avoir bloqué le mois dernier à l’ONU le projet de résolution contre le régime de Bachar-el-Assad, le ministre russe des Affaires Étrangères Serguei Lavrov, s’est insurgé hier contre l’ « injuste » embargo sur les armes imposé à la Syrie.
La Russie, qui lui aura fourni cette année pour 3.5 milliards de dollars de matériel militaire, s’occupe principalement de la modernisation de ses forces armées (chars T-72, Mig-29…) et l’installation de batteries de missiles sol-air S-300.

L’amirauté russe a d’ores et déjà annoncé le déploiement avant la fin de l’année d’une partie de sa flotte, notamment son unique porte-avions, le Kouznetsov, au large du port de Tartous où Moscou dispose d’une base permanente.

La Turquie quand à elle, si elle rejette toujours le principe d’une intervention militaire, s’est toutefois déclaré prête « à tous les scénarios« .

Le + du Grand Turc: le rapprochement des frères ennemis se poursuit : après la visite la semaine dernière d’Alain Juppé à Ankara, la France a invité la Turquie à la réunion des ministres des Affaires Étrangères européens demain à Bruxelles pour évoquer le cas syrien.
Une première qu’en toute subjectivité la rédaction du Grand Turc applaudit des deux mains.

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LA LIGUE ARABE SOUTIENT LA TURQUIE CONTRE DAMAS

Après avoir exclu temporairement la Syrie, la Ligue Arabe a lancé hier à Rabat un nouvel ultimatum à Bachar al-Assad.

Ahmet Davutoglü et le ministre des Affaires Etrangères marocaines M.Taib Fassi Fihri hier a Rabat lors du sommet.

La Ligue Arabe réunie hier a Rabat, au Maroc, a décidé de donner à Bachar el-Assad 3 jours pour mettre fin à la répression des manifestations, libérer l’ensemble des détenus politiques et accepter la venue de 500 observateurs.

Si ce n’est pas le premier, cet ultimatum intervient moins d’une semaine après que l’organisation ait décidé d’exclure temporairement la Syrie pour dénoncer les exactions qui ont fait depuis le début des troubles en mars près de 3500 morts selon l’ONU. Concrètement les diplomates syriens ne peuvent plus assister aux réunions.
La Ligue a déjà eut recours à ce procédé par le passé, notamment en 1979 quand elle exclut l’Égypte après la ratification des accords de Camp David avec Israël. Dernièrement c’est  la Libye de Kadhafi qui avait également été suspendu en février dernier.

Si Damas ne respectait pas cette feuille de route (qu’elle affirme pourtant appliquer depuis deux semaines), la Ligue pourrait alors confirmer cette suspension ou décider de son exclusion définitive, une décision peu réaliste qui demanderait l’unanimité des ses membres. De nouvelles sanctions économiques sont également envisagées.

Elle a toutefois rappelé, dans une déclaration commune avec la Turquie, son opposition à toute intervention étrangère.

UN APPUI ARABE

Présente lors des discussions en tant qu’observateur, la Turquie a salué la décision de la Ligue: « le régime syrien va payer très cher ce qu’il a fait »  confiait hier le ministre turc des Affaires Etrangères M. Ahmet Davutoglü aux journalistes qui l’accompagnait au Forum de Coopération Turco-Arabe qui s’est tenu en marge de la réunion , « on lui a donné une dernière chance mais elles [les autorités syriennes] ne l’ont pas saisi […] l’isolement est ce prix à payer pour ne pas avoir tenu ses engagements envers la communauté internationale».

 Le chef de la diplomatie turque avait reçu la veille le Conseil National Syrien, qui rassemble une importante partie des partis d’opposition au régime d’al-Assad, ceci pour la deuxième fois en moins d’un mois. Les membres du conseil, accueillis a Istanbul depuis le virage sanglant de cet été, en ont profité pour réitérer leur souhait d’obtenir une représentation permanente en Turquie. La décision en revient au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui ne s’est pas encore prononcé qui le sujet.

Ancien allié de Damas,  aujourd’hui en première ligne de la bataille diplomatique, Ankara reçoit un appui arabe fort à ses menaces répétés.
Lundi le ministre de l’énergie turc, M. Taner Yildiz, a annoncé que la compagnie pétrolière publique turque, la TPAO, cessait toute coopération avec son homologue syrien en matière de prospection.
Il a évoqué la possibilité pour la Turquie de ne plus approvisionner son voisin en électricité.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Erdogan, qui comptait il y a peu parmi les amis personnels de Bachar al-Assad, déclarait lors d’une réunion de l’AKP qu' »on ne peut plus lui faire confiance » et que la Syrie est « sur un chemin dangereux », « au bord du gouffre », et doit « faire marche arrière ». « L’histoire de souviendra de ceux qui se nourrissent du sang de leur peuple » a-t-il conclu a l’adresse de son homologue syrien.

JUPPÉ À ANKARA

Ce regain de tension fait suite à l’attaque des représentations diplomatiques turques samedi après l’annonce de la suspension de la Syrie.

Des milliers de manifestant, armés de bâtons et de couteaux, ont notamment  brûlé le drapeau au croissant, un geste hautement symbolique dans la conscience collective turque. Ankara demande des excuses officielles, en plus de celle prononcés peu après par le ministre syrien des Affaires Etrangères Walid al-Moualem, et a fait évacués les familles de ses diplomates.

Appuyé par les régimes arabes, la Turquie peut également compté dans ce bras de fer sur le soutien de la France, dont les représentations consulaires ont également été attaquées par les manifestants.

Le ministre des Affaires Étrangères, Alain Juppé, qui a déclaré s’entendre « parfaitement » avec la Turquie sur le dossier syrien, a annoncé hier le rappel de l’ambassadeur français à Damas et doit se rendre aujourd’hui à Ankara pour évoquer l’avenir d’un régime qu’il a qualifié d’« autiste » devant l’Assemblée Nationale.

Le début d’un rapprochement ?

Le + du Grand Turc

Le ministre de l’Energie turc M.Taner Yildiz, a annoncé qu’après avoir mis un terme à sa collaboration avec la Syrie, la TPAO s’apprêtait à signer avec le géant anglo-néerlandais Shell un accord pour la prospection de pétrole et de gaz off-shore.

 S’il n’a pas précisé dans quelles zones maritimes doivent avoir lieu les explorations, la décision intervient alors que la Turquie est en conflit avec la République de Chypre qui a décidé unilatéralement d’exploiter le gisement Léviathan qu’elle partage avec Israël. Ankara a déjà envoyé un navire de prospection dans les eaux de Chypre-Nord, qu’elle est seule à reconnaitre, et exige que Lefkosa soit associé aux exploitations de la partie sud de l’île.

Le + du Grand Turc

La décision turque de cesser toute collaboration pétrolière avec la Syrie a été « chaleureusement accueilli » à la Maison-Blanche à en croire le conseiller à la sécurité nationale Ben Rhodes.
Certains voient dans l’action combiné de la Turquie et de la Ligue Arabe l’aboutissement d’une manœuvre américaine visant a utiliser ses alliés sunnites dans la région pour contourner les blocages russe et chinois au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le ministre turc des Affaires Étrangères, M. Davutoglü a plusieurs fois rejeté l’accusation d’être le « sous-traitant » de Washington : »ce n’est pas parce que les Etats-Unis ont pris position que nous devons détourner nos regard de ce qui se passe en Syrie » s’est-il ainsi défendu la semaine dernière devant le Parlement turc.

Le ministre russe des Affaires Etrangères, Sergei Lavrov, a en tout cas  officiellement regretté la décision de suspendre la Syrie de la Ligue Arabe.

Depuis un accord passé entre Moscou et Damas en 1971, la Russie dispose d’une base navale dans le port de Tartous, actuellement en rénovation pour accueillir l’an prochain des navires lourds, comme des frégates, des croiseurs ou des portes-avions. Cet accès direct sur la Méditerranée est d’une importance géostratégique cruciale pour le Kremlin.

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IMPASSE SUR LE NUCLEAIRE IRANIEN A ISTANBUL

Les négociations sur le nucléaire iranien qui se tenaient depuis vendredi à Istanbul entre Téhéran et le groupe P5+1 se sont achevées ce matin sur un statu quo: aucune avancée sur le dossier et pas de nouvelle rencontre prévue. La Turquie, qui espérait jouer les intermédiaires, n’a pas participé aux débats.

La haute representante de la politique extérieure de l'UE, Catherine Ashton, et le négociateur en chef iranien Saleed Jalili

Réunis depuis vendredi au palais Ciragan à Istanbul, L’Iran et le groupe  P5+1 se sont séparés ce matin sans avoir trouvé d’accord, ni même fixé de date pour de futures négociations.
A la sortie, les leaders des deux délégation, la haute représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le négociateur iranien Saeed Jalili, ont tenu deux conférences de presse séparées.

Le groupe P5+1, qui réunit les 5 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine) plus l’Allemagne, conditionnait l’avancée des négociations au gel préalable de l’activité d’enrichissement d’uranium de la part de l’Iran, qui avait annoncé en ouverture du sommet par la voix de son délégué Massoud Zohrevand qu’il ne participerait à « aucune négociation liée au gel ou à la suspension de l’activité d’enrichissement » .
Un dialogue de sourds, donc. « Ils ne se sont même pas serrés la main », à en croire un observateur turc, présent lors hier matin lors d’une rencontre préliminaire.

Après deux jours de médiation infructueuse au Liban, c’est un demi-échec pour le ministre des Affaires Etrangères Ahmet Davutoglu, qui avait organisé cette rencontre et officiellement proposé l’aide turque en cas de cas de blocage. Ses diplomates sont restés 14 h durant non loin de la salle où se tenaient les négociations, prêts à jouer les entremetteurs, en vain.

« Nous ne demanderons pas l’aide des turcs car c’est au groupe P5+1 que le Conseil de Sécurité a demandé de négocier avec l’Iran » a déclaré sous couvert d’anonymat un diplomate français au journal Hürriyet.

«  La Turquie a été d’une grande aide » a affirmé  pour sa part le sous-secrétaire d’Etat Bill Burns, représentant les Etats-Unis à la négociation, qui a félicité M. Davutoglu pour avoir « encourager l’Iran a coopérer, à s’engager avec le P5+1 et l’AIEA [l’Agence Internationale à l’Energie Atomique]. C’est exactement le message que l’Iran doit continuer à entendre de la Turquie » .

La Turquie s’est investie ces dernières années pour faire sortir le dossier du nucléaire iranien de l’impasse en proposant sa médiation.
Le 17 mai 2010, à la veille d’une réunion du Conseil de Sécurité sur la question des sanctions, Ankara annonçait un accord conclu avec Téhéran et Brasilia pour échanger l’uranium iranien faiblement enrichi (20%) contre du combustible pour ses réacteurs nucléaires.

l’Iran, qui défend son droit au nucléaire civil, possédait  au moins 22 kilos d’uranium hautement enrichi (85%) en septembre dernier selon l’AIEA.
En novembre, le pays avait cependant reconnu devoir suspendre ses activités d’enrichissement suite à l’attaque du virus informatique Stunex contre ses centrifugeuses. Accusant « le Mossad et la CIA« , le régime iranien a également perdu depuis janvier plusieurs responsables de son  programme nucléaire dans une série attentats à la voiture piégée .

A en croire l’ancien directeur du Mossad, Meir Dagan, l’Iran ne serait pas être en mesure de posséder l’arme atomique avant 2015.

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LA TURQUIE ET LE QATAR AU CHEVET DU LIBAN

La Turquie entame avec le Qatar une médiation pour désamorcer la crise libanaise. A quelques jours d’une importante réunion sur le nucléaire iranien à Istanbul, le ministre des Affaires Étrangères rejette l’idée française d’exclure Téhéran des négociations.

Les ministres des Affaires Etrangères libanais, qatari (à gauche), et turc (à droite) réunis autour du Premier ministre libanais Saad Hariri

Moins de 24h après avoir accepté lundi la proposition française de créer un « groupe de contact » entre pays du Moyen-Orient (Turquie, Syrie, Qatar, Arabie Saoudite) et puissances occidentales (Etats-Unis et France) pour résoudre la crise libanaise, le gouvernement turc  est en partie revenu hier sur sa décision et propose désormais un « plan d’action » régional incluant l’Iran.

Entre-temps, le ministre des Affaires Étrangères iranien, Ali Akabar Saheli , qui avait déclaré plus tôt ne voir « aucun avantage à ce que des acteurs étrangers s’implique dans cette affaire », s’est rendu à Ankara où  il s’est entretenu toute la nuit avec son homologue turc,  Ahmet Davutoglu.

Le lendemain, en route pour Beyrouth, M.Davutoglu a nuancé la position turque : « nous serions ravis de participer à une réunion sous l’égide de la France […] dont la présence au Conseil de sécurité des Nations-Unies est déterminante […] mais l’effort doit être régional, sans quoi les solutions n’auront rien de durable ».

Interrogé sur le rôle de l’Iran dans la médiation, il a estimé qu’ « aucun acteur ne doit être écarté de ce processus » dont, a-t-il ajouté, le Hezbollah,  « de par son important soutien dans la société libanaise, est l’un des principaux éléments » .

En privé, M.Davutoglu s’est dit inquiet que la crise libanaise ne viennent perturber la tenue du sommet sur le nucléaire iranien qui réunira les 21 et 22 janvier prochain à Istanbul le groupe « P5+1 » (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne) et la délégation iranienne.

C’est dans cet esprit qu’il a rejoint hier à Beyrouth le Premier ministre qatari Hamad bin Jassim bin Jaber al Thani pour entamer une série de négociations, en commençant  par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Divisé

La crise libanais a éclaté le 12 janvier dernier quand l’organisation chiite, financé en partie par Téhéran, a  démissionné et entrainée la chute du gouvernement d’union mené par Saad Hariri.
Le mouvement islamiste et ses alliés –Amal et partis chrétiens – protestent contre le refus du Premier ministre de dénoncer le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) crée en 2006 par l’ONU pour enquêter sur l’assassinat de son père et ancien dirigeant Rafic Hariri.

Le Hezbollah, soupçonné au même titre que les services secrets syriens, ne reconnait pas la légitimité du tribunal, qu’il accuse d’être « un outil sioniste » .

Le Liban est divisé entre une communauté sunnite pro-Hariri soutenue par les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite d’une part, et une communauté chiite soutenue par la  Syrie et l’Iran de l’autre.

Après des mois de tractations, le tandem syro-saoudien, sous l’égide duquel se menait traditionnellement les négociations,  a laisser place au couple Turquie/Qatar, à priori plus neutre en terrain libanais.

Le ministre saoudien des Affaires Étrangères, le prince Saoud al-Faisal, a annoncé ce matin sur la chaine émiratie Al-Arabia que l’Arabie Saoudite arrêtait tout effort de médiation, la situation devenant par trop « dangereuse ».

 

 

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LIEBERMAN : « ISRAEL NE SERA PAS LE PUNCHING-BALL DE LA TURQUIE »

Dans une interview au Jerusalem Post, le ministre des Affaires Etrangères israélien se refuse à toute excuse et accuse le gouvernement turc  d’utiliser l’image d’Israël.

Avigdor Lieberman

Dans une interview accordée jeudi au Jerusalem Post, Avigdor Lieberman,  le ministre des Affaires Etrangères israélien, accuse la Turquie d’exploiter le conflit israélo-palestinien à des fins de politique intérieure : « Israël ne sera pas le punching-ball de la Turquie » prévient-il, « Israël ne doit pas être utilisé comme un thème de campagne pour les prochaines élections nationales turques en juin ».

Les liens historiques entre Israël et la Turquie se sont brutalement tendus en mai dernier quand les commandos marines israéliens ont pris d’assaut la flottille qui amenait de l’aide humanitaire a Gaza, tuant 8 ressortissant turcs durant le raid.

Une explication que nie le leader du parti d’extrême-droite Israel Beytenou  : « la crise a commencé bien avant […] en janvier 2009 quand le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a verbalement attaqué et humilié le président Shimon Peres lors du Forum Mondial de Davos » en  quittant la scène devant les caméras du monde entier pour protester contre l’offensive  de décembre 2008 contre Gaza.

« Ce coup d’éclat n’était pas improvisé mais faisait partie d’une stratégie longuement réfléchie » estime Lieberman, qui extrapole : « malheureusement, les événements récents en Turquie rappelle l’Iran juste avant la Révolution Islamiste […] Comme la Turquie, l’Iran était parmi les plus proches alliés d’Israël ».

Tout en se refusant à toute excuse, le ministre des Affaires Etrangères israélien tend la main: « J’invite M. Davutoglu à Jérusalem, ou n’importe où, où nous pourrions discuter de toutes les questions qui intéressent nos deux pays. Les alliés peuvent avoir des désaccords, c’est la façon dont on traite ces désaccords qui définie la nature d’une relation ».

Interrogé en marge de la réunion des ambassadeurs turcs à Erzurum, M.Davutoglu a répondu que « les conditions posées par la Turquie pour normaliser ses relations avec Israël sont claires : nous espérons qu’Israël engagent sérieusement une autocritique  sur les causes de ces tensions ».

 

Le + du Grand Turc : 800 travailleurs turcs employés en Israël par la compagnie de BTP Yilmazlar Holding ont été sommés de quitter le territoire avant la fin mois à la suite du non-renouvellement de leur visas. Les employés, dont le contrat courait jusqu’en 2015, travaillaient à la modernisation de 170 tanks M60 turcs, un contrat de 860 millions de dollars obtenus par Israël en 2002. La compagnie parle de pressions exercées au sommet de l’état hébreu et dénonce « une nouvelle crise avec Israël. »

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LE SOMMET DE LA NOUVELLE DIPLOMATIE TURQUE

Les principaux acteurs de la diplomatie turque sont réunis cette semaine pour définir de nouveaux objectifs sur la scène internationale. L’occasion pour Ankara d’afficher ses ambitions.

Ahmet Davutoglu

« La Turquie peut être considéré comme un des 10 pays qui ont le plus contribué à remodeler le monde l’année dernière » et l’un des plus « raisonnables de la communauté internationale» a affirmé le ministre turc des Affaires Etrangères, M. Ahmet Davutoglu mardi dernier en ouverture de la réunion des ambassadeurs à Ankara. « L’objectif premier », a-t-il ajouté, « est de faire de la république turque un pays plus fort et plus influent dans les prochaines décennies ».

En référence à l’aide apportée cet été à Israël dans sa lutte contre les feux de forêts, il a comparé les diplomates turcs à des pompiers chargés d’éteindre les crises internationales, situation qu’il a appelé à dépasser : « Un diplomate turc est comme un pompier […] mais nous voulons être aussi des architectes. Certains font les plans et nous devons accourir quand le feu éclate. C’est une mauvaise chose. Nous ne pouvons être un pays qui attends et réagit […] La Turquie devra dans l’avenir prévenir les crises avant qu’elles ne surviennent au lieu de réagir après-coup ».

Sous l’impulsion M.Davutoglu et du président Abdullah Gül, la Turquie cherche depuis quelques années à se voir reconnaitre un rôle d’intermédiaire incontournable au Moyen-Orient, où elle a entre autres proposé sa médiation dans le dossier du nucléaire iranien ainsi qu’en Afghanistan (v.plus bas). Le ministre afghan des Affaires Etrangères, M.Zalmai Rassoul est d’ailleurs intervenu à l’ouverture de la réunion pour remercier la Turquie  de ses efforts dans le processus de réconciliation nationale.

Interrogé sur la nouvelle politique internationale tous azimuts d’Ankara, que certains critiques décrivent comme « néo-ottomane », il a précisé : « nous n’avons aucune intention de gérer les affaires d’autrui. Mais nous ne laisserons personne s’immiscer dans les nôtres ».

Le ministre des Affaires Etrangères a par ailleurs prévenu : « La Turquie ne choisira pas entre l’Union Européenne et Chypre ».

Le sommet, qui réunit près de 200 ambassadeurs et hauts-fonctionnaires du ministère des affaires Etrangères, se tient toute la semaine, à Ankara puis à Erzurum, sur le thème « Diplomatie visionnaire : ordre global et régional depuis la perspective turque ».

Le premier ministre grec, M. George Papandreou, est attendu en fin de semaine pour clore le sommet et discuter du projet de barrière à la frontière gréco-turque.

 

Le + du Grand Turc : Ankara a lancé en 2007 une série de réunion tripartite entre la Turquie, l’Afghanistan et le Pakistan. Le dernier sommet s’est tenu en décembre dernier et s’est conclu notamment par l’annonce d’exercices militaires communs. Mais la vraie surprise était ailleurs : en marge du sommet, Hamid Karzai, le président afghan, a annoncé que les talibans se préparaient à ouvrir un bureau de représentation en Turquie pour faciliter les négociations qui ne manqueront pas de s’ouvrir avant le départ des troupes de l’ISAF.
L’information a été confirmée ultérieurement par le président turc, M. Abdullah Gül.

 

 

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