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MAVI MARMARA : LES « RAPPORTS » CONFLICTUELS D’ANKARA ET TEL-AVIV

La Turquie conteste les conclusions de la commission israélienne sur l’incident du Mavi Marmara. Dans son propre rapport, Ankara accuse notamment l’état hébreu d’avoir ouvert le feu avant l’arrivée des commandos sur le navire.

Le Mavi Marmara dans le port d’Istanbul

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a rejeté en bloc hier les conclusions du rapport de la commission d’enquête israélienne sur l’incident du Mavi Marmara. « Ce rapport n’a aucune crédibilité », a-t-il affirmé à des journalistes de l’agence de presse Anatolie, « Quelle valeur peut avoir un rapport préparé et commandé dans le même pays ? ».

Le rapport de la commission israélienne, dirigée par l’ancien président de la Cour Suprême Jacob Turkel, blanchit totalement la hiérarchie militaire de l’état hébreu et juge « l’interception et la capture de la flottille pour gaza dans les eaux internationales […] conformes au droit international coutumier », les commandos ayant ouvert le feu « en état de légitime défense » après avoir été agressés à l’arme blanche une fois sur le bateau.
« Dans l’ensemble», précise-t-il, « le personnel militaire israélien a agi de façon professionnelle face à une violence imprévue » de la part d’activistes qui « ont perdu la protection que leur confère le statut de civil en participant directement aux hostilités ».

La commission d’enquête turque, qui avait déjà remis un premier rapport en septembre dernier, s’est déclarée « stupéfaite et consternée » par les conclusions israéliennes.
Dans un nouveau rapport rendu public ce matin, elle reproche à l’état hébreu d’avoir eu recours la force de manière « excessive et disproportionnée […] en contradiction avec tous les principes, règles et normes internationales » contre « des passagers qui n’ont fait qu’exercer leur droit légitime à l’auto-défense » .
Le rapport accuse notamment les soldats israéliens d’avoir tiré depuis les hélicoptères, faisant deux morts  avant l’arrivée même des commandos sur le bateau.

Les deux rapports devraient être transmis au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, qui a constitué sous la direction de l’ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer une commission de quatre membres, dont un turc et un israélien, chargés d’enquêter sur l’affaire.

La commission a jusqu’au mois d’avril pour les examiner, avant que l’ONU ne rende son avis sur la question.

En Septembre, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU avait qualifié le raid de « violation grave du droit humanitaire et du droit international »

Le Mavi Marmara et 5 autres navires affrétés par l’ONG turque IHH Insani Yardim Vakfit avait été pris d’assaut et arraisonnés par l’armée israélienne en mai dernier alors qu’ils tentaient de briser le blocus de Gaza.
8 citoyens turcs (et un américain d’origine turque) ont trouvé la mort dans les combats, ce qui a depuis largement contribué à la détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays.

la Turquie, qui avait rappelé son ambassadeur à Tel-Aviv, demande toujours des excuses au gouvernement israélien ainsi qu’une compensation financière pour les familles des victimes.

 

 

 

 

 

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LIEBERMAN : « ISRAEL NE SERA PAS LE PUNCHING-BALL DE LA TURQUIE »

Dans une interview au Jerusalem Post, le ministre des Affaires Etrangères israélien se refuse à toute excuse et accuse le gouvernement turc  d’utiliser l’image d’Israël.

Avigdor Lieberman

Dans une interview accordée jeudi au Jerusalem Post, Avigdor Lieberman,  le ministre des Affaires Etrangères israélien, accuse la Turquie d’exploiter le conflit israélo-palestinien à des fins de politique intérieure : « Israël ne sera pas le punching-ball de la Turquie » prévient-il, « Israël ne doit pas être utilisé comme un thème de campagne pour les prochaines élections nationales turques en juin ».

Les liens historiques entre Israël et la Turquie se sont brutalement tendus en mai dernier quand les commandos marines israéliens ont pris d’assaut la flottille qui amenait de l’aide humanitaire a Gaza, tuant 8 ressortissant turcs durant le raid.

Une explication que nie le leader du parti d’extrême-droite Israel Beytenou  : « la crise a commencé bien avant […] en janvier 2009 quand le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a verbalement attaqué et humilié le président Shimon Peres lors du Forum Mondial de Davos » en  quittant la scène devant les caméras du monde entier pour protester contre l’offensive  de décembre 2008 contre Gaza.

« Ce coup d’éclat n’était pas improvisé mais faisait partie d’une stratégie longuement réfléchie » estime Lieberman, qui extrapole : « malheureusement, les événements récents en Turquie rappelle l’Iran juste avant la Révolution Islamiste […] Comme la Turquie, l’Iran était parmi les plus proches alliés d’Israël ».

Tout en se refusant à toute excuse, le ministre des Affaires Etrangères israélien tend la main: « J’invite M. Davutoglu à Jérusalem, ou n’importe où, où nous pourrions discuter de toutes les questions qui intéressent nos deux pays. Les alliés peuvent avoir des désaccords, c’est la façon dont on traite ces désaccords qui définie la nature d’une relation ».

Interrogé en marge de la réunion des ambassadeurs turcs à Erzurum, M.Davutoglu a répondu que « les conditions posées par la Turquie pour normaliser ses relations avec Israël sont claires : nous espérons qu’Israël engagent sérieusement une autocritique  sur les causes de ces tensions ».

 

Le + du Grand Turc : 800 travailleurs turcs employés en Israël par la compagnie de BTP Yilmazlar Holding ont été sommés de quitter le territoire avant la fin mois à la suite du non-renouvellement de leur visas. Les employés, dont le contrat courait jusqu’en 2015, travaillaient à la modernisation de 170 tanks M60 turcs, un contrat de 860 millions de dollars obtenus par Israël en 2002. La compagnie parle de pressions exercées au sommet de l’état hébreu et dénonce « une nouvelle crise avec Israël. »

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LA TURQUIE INVITE POUR LA PREMIERE FOIS LA GRECE A UN EXERCICE MILITAIRE

La Turquie a invité la Grèce à participer aux prochains exercices aériens « Aigle d’Anatolie » qui auront lieu du 13 au 24 juin 2011 dans la province de Konya , apprenait-on hier dans le journal turc Cumhuriyet. Ce sera notamment l’occasion pour Ankara de célébrer le 100ème anniversaire de la « Türk Hava Kuvvetleri », les forces aériennes turques.

Si les autorités grecques venaient à accepter, ce serait une première dans l’histoire de ces  voisins qu’oppose une longue liste de contentieux : divisés sur la question chypriote, où les deux pays supportent leurs communautés respectives, ils le sont d’autant plus quand à  leurs frontières maritimes. Athènes accuse ainsi régulièrement les forces turques de violer l’espace aérien grec lors de leurs exercices, ce qui a provoqué par le passé  de nombreuses escarmouches au-dessus de la mer Egée.

Cette annonce vient cependant confirmer un certain réchauffement diplomatique esquissé depuis quelques temps, ce  au détriment d’Israël.
L’an dernier, entre autres, le Conseil de Sécurité National turc a ainsi retiré la Grèce de la liste des « menaces pour la sécurité nationale » pour inclure l’Etat hébreu à sa place.
Israël, qui était avec les États-Unis l’un des premiers pays invités à cet exercice annuel lors de sa création en 2001, n’y est plus convié depuis bientôt deux ans. Il avait alors réagit en organisant de nombreux entrainements avec les forces aériennes grecques.

Certains ne manquent pas de faire remarquer d’ailleurs que la nouvelle intervient trois jours seulement après que les israéliens aient signé avec les chypriotes grecs un accord délimitant leurs zones économiques pour exploiter en bonne intelligence les réserves offshore de gaz découvertes il y a peu entre les deux pays.

 

Le + du Grand Turc : A la guerre comme au sport, on ne s’entraîne qu’entre amis: signe de l’apaisement entre Ankara et Pékin, c’était la Chine, pays non-membre de l’OTAN, qui était cette année l’invité des exercices « Aigle d’Anatolie », un mois avant la visite sur place du  ministre des Affaires Étrangères turc Ahmet Davutoglu.
Les relations entre la Chine et la Turquie s’étaient tendues en 2009 après la répression de la révolte ouïgour, une population musulmane turcophone habitant l’Est de la Chine, qualifiée à l’époque de « génocide » par le premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

 

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